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 Faut rigoler avant que le ciel nous tombe sur la tête...

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Petit Mayrois
Petit Mayrois


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MessageSujet: Faut rigoler avant que le ciel nous tombe sur la tête...   Mar 9 Déc 2008 - 16:56

Une histoire vraie...pour rigoler...

Quoi de plus grisant, posséder un scooter et se sentir léger comme Nanni Moretti. Longer les bords des quais, parcourir les grands boulevards le nez au vent en découvrant les terrasses cachées, les façades du siècle passé, les jupes des filles...
Ce matin là il me téléporte à la poste. La matinée s'annonce belle. sunny
Je sais, la liberté ne s'enchaine pas, mais celle là je veux la conserver. C'est pour cela que je lui accroche au cou un gros cadenas. Le temps de rouspéter auprès des guichetiers et me voilà dehors.
Un grand vide s'ouvre devant mes yeux écarquillés. Le néant, le vertige, ma liberté envolée.
Les bras ballants, la bouche ouverte, la raison verrouillée, je tournoie pour croire à une plaisanterie d'une amie, un déplacement intempestif d'un livreur, d'une caméra cachée. Rien. La place Bellecroix est vide de la présence de mon ami scooter. No
Pas un brin de colère pour me soutenir, seulement l'incompréhension, un sentiment de solitude, d'injustice. Je suis pour de bon clouée au sol, lourde, immobile.
Il me reste à faire les formalités auprès de mon assurance.
Bon, fait marcher ta cervelle ma belle, pas d'affolement. D''abord la police qui prend ma déposition.
-«un scooter sur deux est volé...»
Je m'en fou! Rendez moi le mien.
Je descend la rue à pied à l'encontre de mon assureur pour y déposer ma plainte.
-«un scooter sur deux est volé...»
Je m'en fou!
La journée est grise. J'enrage.
Rester zen, je dois rester zen. Alors je me dis que cette disparition m'a évité un accident. Oui, voilà, cette pensée est excellente. Je suis vivante, tout va bien.
L'assurance va me rembourser et dans un mois je rachète ma liberté de circuler.
Heureusement j'ai pu sauver mon casque.

Au même moment, une femme, propriétaire d'un immeuble dans le centre ville, près de la place Bellecroix, rentre chez elle. Dans le hall de son immeuble, un scooter gène le passage. Elle s'informe, elle claironne, personne se manifeste pour l'enlèvement de cette chose.
Elle prend note des coordonnées de l'assureur visible sur la vignette verte. Demain, si ce deux roues est encore là, elle agira.
bom bom
Le lendemain, mon assureur me téléphone pour m'annoncer que mon copain est remisé au 16 rue des Marchands, près de la place Bellecroix. Pas de temps à perdre. Vite, vite, je dois foncer.
Respectant les consignes de la police, je préviens avant tout le 17.
Le 17 se moque éperdument de ma bonne conduite, il m'envoie cuire un œuf. Twisted Evil
Bon, je passe par le commissariat. Comme une dératée, je pédale pour ne pas perdre de temps. En chemin, je croise trois jeunes policiers.
Merci, vite, écoutez moi!
«Hier, un vol, mon scooter, un dépôt de plainte, oui devant la poste. Aujourd'hui un appel, il se cache dans un immeuble rue des Marchands.»
Ils n'ont rien compris. Je pense que le temps est précieux, chaque minute perdue emporte l'espoir de revoir mon ami.
Je répète en prenant soin de réduire mon débit.
«Hier..., un vol..., mon scooter..., un dépôt de plainte..., oui devant la poste. ..Aujourd'hui un appel..., il se cache dans un immeuble rue des Marchands...»
Mes gentils policiers sont en formation pour trois jours et n'ont aucun pouvoir. Je suis tombée sur une nichée d'une autre ville en formation.
Des policiers sans pouvoir!...Est-ce possible? Il faut l'entendre pour le croire.
Devant leur inertie, je m'impatiente mais il est plus prudent de garder son calme.
Restons courtoise!

Ils m'ordonnent, tout de même, d' informer le commissariat de la situation pour faire intervenir des renforts en civil. Pendant ce temps, ils se rendent à l'adresse indiquée en demandant leur chemin aux passants surpris....
Le policier en poste tripote sa souris derrière son comptoir, écoute mon histoire et me dit:
- «Je n'ai pas que ça à faire...»
-"Comment je vais faire pour mon scooter?"
-"Je vous ai vu discuter avec les policiers dehors"
-"Oui, mais ils sont en formation et ils veulent agir avec des civils, c'est pour cela..."
-"Pas que ça à foutre!"

- «Certainement, je comprend, finissez votre partie de démineurs»

Vite, je pédale pour retrouver mes trois costumés en train de dériver dans les petites rues piétonnes de la vielle ville. Je file, ils courent derrière moi.
Nous sommes enfin devant le 16 rue des Marchands et leurs «radios» ne passent pas. Ils vont devoir agir sans pouvoir. Je vois bien que cela les chagrine. Ils me racontent que la procédure est d'envoyer des civils pour monter une planque et à l'approche du voleur, l'interpeller.
Je comprend, mais en attendant?
Ils poussent la porte et nous découvrons un scooter solitaire qui est le mien dans le hall de l'immeuble. Mon cœur est tout content, pas pour longtemps.
Les trois hirondelles d'un jour d'hiver s'assurent pour la cinquième fois que les numéros inscrits sur ma carte grise correspondent aux numéros de série qui figurent sur le scooter. Ils me demandent de répéter encore et encore mon histoire.
L'heure du vol..., qui m'a prévenu..., pourquoi je n'ai pas composé le 17, etc etc...
Je craque. c
Voilà 20 minutes que nous tournons autour du scooter enchainé sans aucunes décisions.
L'enquête commence quand l'un deux interpelle un homme qui travaille dans le hall.
-"Avez vous la personne qui à entreposé ce scooter?"
-Oui, répond l'homme
-Vous le connaissez?
-Non, mais il habite au premier.
-Votre nom, prénom, adresse, situation....
Pas le temps de finir la phrase que l'homme s'interpose en expliquant qu'il a vu mais ne dira rien de plus à la maison poulaguat. Au revoir Messieurs et à la revoyure.
Et toujours le silence «radio» avec les collègues du commissariat.
Je propose d'aller chercher une pince Monseigneur et de faire sauter le cadenas.
Mon idée n'est pas bonne, ah bon?!
- Que proposez vous?
Nous allons voir le locataire du premier.
Toc toc toc,
-Police! Le scooter en bas des escaliers vous appartient?

Ami(e)s lecteurs, pensez vous que le gars qui vient de voler une «bécane» même pris par surprise et fort surpris de la rapidité à laquelle il s'est fait reconnaître va répondre :
-oui oui, bien sur c'est à moi, je l'ai piqué hier entre 12H15 et 12H20 devant la poste de la place Bellecroix.
i
Pas de pouvoir pour mes trois pigeons, la porte se referme sur un locataire qui se permet de la leur claquer dans la gueule.
Nous voilà dehors, silence «radio».
Les deux heures passées ensemble délient les langues.

-Nous sommes en formation et les policiers de cette ville ne sont pas forcément des «chers collègues». Vous comprenez?
-Non!
-Nous sommes de Paris et les policiers d'ici ne nous apprécient pas, c'est dit.

J'hallucine! Je suis en pleine guerre de police.
Le silence «radio» est volontaire de la part de la police de ma ville.
Si les policiers d'une ville n'aiment pas les policiers d'une autre ville, comment pourraient-ils comprendre et respecter les jeunes, les Normands, les Ardéchois cœur fidèle, les petits beurs, les frisés, les cheveux longs, les cheveux courts, les filles perdues, les voilées, les sans-abris, les rebelles, les vieux?
Je suis consternée par l'énormité de cette annonce qui doit rester secrète.
-Mais chuuuuuuut, cela reste entre nous.
Là, je me marre!

-Combien de temps allons nous encore attendre?
Silence, nous fumons ensemble la cigarette de la paix.
Il est 17 heures quand une voiture de police arrive, sirène hurlante, dans la rue des Marchands. Comme son nom l'indique, nous sommes au cœur de la ville, entourés de boutiques. Une rue commerçante avec des commerces et des consommateurs. Ajoutez à cela les périodes de fêtes et faites le calcul...
Trois cow-boys sortent de la voiture, claquent les portières, remontent leurs pantalons, l'un d'entre eux mâche un chewing-gum. La caricature d'un polar de série B.
Attroupement des badauds ballots. Déjà une rumeur circule: un meurtre? Une prise d'otage? L'arrestation de l'ennemi public numéro 1?
Je dois répéter toute l'histoire aux trois rigolos. Je m'y refuse et je donne la parole aux «sans pouvoir».
Je ris de les entendre s'emmêler la langue. A leur tour de perdre patience aux questions qui ne laissent pas la place aux réponses. Ils racontent une fois, deux fois, trois fois...
Dans le lot, un grand aux oreilles décollées plus typé, plus original, plus «chef»que ses collègues parle, s'écoute, il est fier et c.. à la fois
-J'appelle la fourrière!
Je m'insurge, je m'oppose. affraid
Zorro à les pleins pouvoirs.
Je veux repartir avec mon scooter et pas devoir payer la fourrière pour avoir le droit de récupérer mon bien.
-Nous allons prendre les empruntes sur votre scooter, Madame.
Blablabla....
Le voleur est derrière sa fenêtre. Il assiste au spectacle et se régale.
Dans une rue de 3m50 où les boules de Noël, les brillants des guirlandes dégoulinent de partout, arrive un camion remorque. Une fois posé devant le 16 rue des Marchands, les passants ne peuvent plus passer. La foule gonfle à l'avant sans comprendre et la foule gronde à l'arrière privée de ne pas comprendre. Les 6 mousquetaires (dans cette histoire, ils sont six) deviennent enfin "amis-collègues" devant l'adversité. Un homme excité comme une puce descend du camion, récupère mon petit scooter, l'empoigne, le malmène, le fait monter de force à l'arrière du camion, l'attache avec des sangles, le rend silencieux. Maintenant il trône tout triste sur cette immense plate-forme.
Comme lui, je reste silencieuse, je n'ai plus rien à rajouter, je suis affligée.
Adieux les belle empreintes.
J'entends des phrases:
-Merde alors tout ça pour un scooter!
-Peuchère, la personne ne va pas retrouver son scooter!
-Voilà ce qui arrive quand on se gare mal!
-Sans blague 6 queufs pour un scoot!
-C'est pas malheureux, regardez ou passe nos impôts!
-Vive Sarko!

Il est 18heures 30, je veux simplement connaître la procédure à suivre...

-Commissariat central dès demain, un bon de restitution et voici l'adresse de la fourrière.
Ok, bonsoir et merci pour avoir pendant 4h 30 su apporter une véritable animation dans la rue des Marchands, au 16, plus exactement en ces jours de morosité.
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